Frida

La Vannerie au Rwanda

Home  |  Culture   |  La Vannerie au Rwanda

La Vannerie au Rwanda

La vannerie au Rwanda

Frida-54 est le trio entre l’humain, la créativité et le savoir-faire en Afrique. On nous demande souvent pourquoi le 54. 54 représente les 54 pays d’Afrique et nous souhaitons valorisé et travaillé avec les artisans autour du continent afin de faire perdurer les savoir-faire ancestraux.

Aujourd’hui, nous vous parlons de la Vannerie qui consiste à tresser des objets au moyen de matériaux végétaux flexibles. Cette technique artisanale est pratiquée depuis la haute antiquité dans les quatre coins du monde. Etant donné l’utilisation de matériaux biodégradables et le manque de moyens de conservation à cette époque, aucune trace archéologique n’a été trouvée afin de dire avec certitude la date de l’avènement de la Vannerie au Rwanda. Cependant, au vue de la grande variété de motifs et de la maîtrise des techniques ancestrales qu’offre la Vannerie Rwandaise, nous pouvons supposer que son apparition dans ce pays remonte à une ère relativement ancienne.

Riche en motifs décoratifs généralement géométriques, la Vannerie Rwandaise est destinée à plusieurs usages et joue un rôle socio-économique important. On distingue deux types de vannerie : La Vannerie utilitaire et la vannerie Artistique.

  • La vannerie utilitaire consiste à la fabrication d’ustensiles ménagers de toutes sortes à l’exemple de paniers, pots, nattes, sacs, faits par les femmes et les filles. Les hommes en revanche se chargent des créations les plus volumineuses comme les huttes, les greniers à vivres, les palissades, etc … en bambou, roseau, jonc.
  • La vannerie Artistique s’avère être un art authentique par les formes, les qualités techniques et les finitions. Elle se divise elle aussi en deux : la vannerie d’art ménagère et la vannerie d’art architecturale cette dernière était réservée aux hommes car elle demande plus de force manuelle. Elle a disparue à la seconde moitiée du 20ème siècle suite à l’adoption de l’architecture européenne. Néanmoins, on remarque un regain d’intérêt suscité par la volonté de conserver l’architecture traditionnelle qui offre une grande originalité.

Plusieurs matériaux, couleurs, outils et techniques sont utilisés en vannerie pour obtenir un résultat de toute beauté et surtout soigneux. Comme matériaux nous citons :

  • L’ Urumamfu: fines lamelles détachées de la tige de l’éleusine sauvage ou l’iraie eleusina indica.
  • L’ Urutamyi: lamelles de papyrus encore tendres
  • L’Insasanure ou Ingaga: lamelles de cypérus papyrus
  • L’Ibirere: écorce de bananier
  • L’Ibikangaga: herbe de marais utilisée dans le tressage des nattes ou dans la confection de petits sacs
  • L’Imikindo : le palmier phoenix reclinata
  • L’Amasaka: tiges flexibles de sorgho
  • L’Urubingo: lamelles de rousseau pennisetrum purpureum

Nous constatons donc que les matériaux utilisés sont 100% naturels.

Pour le Cas des couleurs, les artisans emploient plusieurs matériaux en plus des végétaux :

  • La couleur rouge est faites à base d’un mélange de sang de tiques de vaches ou de la sève de d’une sorte de canne à sucre Igisheke dont on broie la tige dans un mortier.
  • Le Blanc s’obtient en délayant dans de l’eau une poudre de Kaolin.

Quant au noir, il provient de la cendre délayée dans de l’eau bouillante ou dans un mélange de suie grattée sur le fond d’une marmite et de la sève de plantes.

– La glaise et la bouse de vache interviennent dans le traitement des ouvrages destinés au transport ou à la conservation des céréales.

Les outils utilisés en Vannerie sont divers de la préparation des matériaux à la confection proprement dite, nous avons :

  • L’Uruhindu ou Alène sans chas : c’est l’outil par excellence de la vannière Rwandaise il remplit deux fonctions couper et perforer.
  • L’Umushyo: Petit couteau dont l’usage est multiple. On l’utilise pour récolter les grosses herbes des marais servants pour le tressage. Il intervient aussi dans le finissage où il sert à couper les fils de paille et les cordes en vue de conférer à l’ouvrage un bel aspect. Il sert aussi à nettoyer les lamelles de bambou, roseaux et jonc,
  • L’Umuhoro: est une Serpette, elle est surtout utilisée par les hommes pour couper et fendre le bambou destiné à la fabrication de ruches et de grands paniers,
  • L’Urwabya: petit vase en terre cuite contenant de l’eau pour humidifier régulièrement les fibres ou lamelles pendant la confection afin qu’elles ne se cassent pas,
  • L’Akebo: panier cousu, il sert d’âme pendant le tressage selon la technique Inyanja, enfin
  • L’Agasenge : c’est un morceau de bois à l’extremité opointue et polie servant de gabarit pour le tressage d’un couvercle à forme conique.

La vannerie Rwandaise est riche de plusieurs techniques de confection parmi lesquelles :

  • La technique spiralée cousue: elle consiste à former avec des brins de fibres végétales un toron enroulé sur lui-même en spirale et cousu à l’aide d’une allène sans chas. Après avoir obtenu un fond plat, on redresse l’ouvrage et on répète la même opération jusqu’au dernier rouleau ou rouleau de finissage.
  • La technique Tissée (Insobekerane): cette technique consiste à l’entrecroisement de lamelles ou de tiges de différentes dimensions elle comprend plusieurs types qui se différencient par l’espace entre les brins, la rigidité de ceux-ci et le nombre de tiges utilisées.
  • La technique à multiples nappes de montants (Igihisi) : Cette technique qui s’apparente au tissage utilise des matériaux en forme de rubans souvent en bambou ou roseaux. Elle consiste à l’ajout d’une couche finement tressée et décorée sur une âme faite en bambou.
  • Technique Inyanja: c’est une technique à montants serrés et à brins attachés à l’aide de fibres fines de raphia ou de sisal. L’ouvrage est tressé sur une âme à même forme que celle de l’objet à confectionner.
  • La technique cordée(Igoyi) : c’est une technique à montants serrés et à brins espacés.Elle consiste à relier successivement des montants serrés avec plusieurs rangées de cordes qui sont entrecroisées après chaque ajout. Elle est surtout appliquée dans la confection des nattes.
  • Technique Umugago: c’est une technique à plusieurs nappes de montants à brins roulés qui consiste à disposer horizontalement d’abord deux fibres qui sont attachées par une lamelle introduite dans des trous successivement pratiqués avec une allène sur la partie supérieure de l’avant dernière fibre ajoutée. On répète l’opération jusqu’à la fin de l’ouvrage.

Depuis plus d’une décennie, la demande en matière de vannerie vas grandissante et impacte considérablement la production artistique du Pays. Cette reprise de conscience s’inscrit dans un mouvement général pour retrouver et préserver l’identité culturelle nationale. Bien plus qu’un agréable passe-temps, la vannerie tient une place de choix dans la vie des communautés locales et rurales rwandaise, les femmes et les jeunes sont les principaux composants de la main d’œuvre artisanale et artistique dans le pays aux mil collines. Raison pour laquelle l’Etat Rwandais et des organisations non gouvernementales prennent à cœur aujourd’hui de soutenir les associations et coopératives de vannières et vanniers, afin de faire renaître le tourisme au Rwanda.

Ce mois de mars, Frida-54 est allé au Rwanda à la rencontre des femmes dans la vannerie. Une communauté de prêt de 300 femmes qui nous ont éblouis par leur bonne humeur et le savoir-faire qu’elles ont reçus et transmettent de génération en générations. La vannerie est pour elles un métier à plein temps, un mode de vie, un héritage ancestral fort à transmettre et à partager. Nous sommes heureux de vous présenter notre sélection de panier que nous avons fait auprès de ces femmes en attendant que nos propres design puissent être produits. Profitez-en! 

WWW,FRIDA-54.COM/FR/PANIER

PREV

Nos Ateliers

WRITTEN BY:

LEAVE A COMMENT